Tout commence avec le diagnostic du psychiatre qui travaille en étroite collaboration avec un chirurgien et un endocrinologue.
Il doit diagnostiquer son patient comme transsexuel en prenant soin de ne pas confondre avec les perversions ou dysmorphophobies accompagnant certaines psychoses.

On organise par la suite un bilan organique : bilan endocrinien, caryotype, radiographique afin de faire le différentiel avec des états d’inter sexualisme.
Puis, lorsque le trouble de l’identité de genre est confirmé, s’engage le processus de test de la motivation du patient. Il s’agit d’une période minimale de deux ans pendant laquelle la personne transsexuelle est suivie par un psychiatre car un soutien psychologique est souvent nécessaire. En effet, on note dans de nombreux cas, l’apparition d’un état dépressif. La psychothérapie doit permettre à la personne de mieux se connaître et se renforcer psychologiquement.
Après ça, le patient, s’il le souhaite, entame « l’épreuve de la réalité » en se soumettant à un traitement hormonal très lourd qui se décompose en deux phases :
| Homme -> Femme | Femme -> Homme | 1/ Six mois de traitement antiandrogène (dévirilisation) 2/ Association d’hormones féminines (féminisation) |
1/ Six mois de traitement progestatif (déféminisation) 2/ Un traitement par testostérone (virilisation) |
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Le patient profite de cette phase (qui dure en moyenne un an) pour se renseigner sur les autres démarches à effectuer. A l’issue de cette période, le patient pourra demander une opération chirurgicale de changement de sexe et en bénéficier s’il obtient l’accord de l’équipe de prise en charge (psychiatre, endocrinologue, chirurgien).
La dernière étape médicale est donc l’intervention chirurgicale. Il s’agit d’une intervention de rapprochement sexuel. La transformation la plus techniquement réussie ne permettra jamais au patient d’acquérir la totalité des attributs de l’autre sexe. La chirurgie est génitale, voir esthétique.
| Homme -> Femme (en une fois) | Femme -> Homme (en 3 temps minimum) | 1) Castration 2) Vaginoplastie |
1) Mammectomie 2) Hystérectomie 3) Phalloplastie 4) Urétroplastie |
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Les conditions de réalisation de ces interventions ont été fixées par le conseil de l’ordre des médecins, les spécialistes du transsexualisme, la sécurité sociale et la jurisprudence.
La prise en charge par la sécurité sociale ne peut avoir lieu qu’après confirmation du diagnostic par trois experts et la certitude de la réalisation des interventions en milieu hospitalier public.
Enfin, un protocole anonyme doit être signé des experts et adressé au Conseil Départemental de l’ordre des Médecins dans le ressort duquel se trouve l’établissement d’hospitalisation.
Mais les praticiens dans les hôpitaux français manquent encore d’expérience et la plupart de ces opérations délicates se déroulent à l’étranger, notamment en Allemagne et en Belgique.