Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 :
- Article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »
En 2006, on note que cet article n’est toujours pas appliqué à la lettre dans notre beau pays qu’est la France. Notre monde pratique encore la discrimination raciale, sociale et maintenant le phénomène comprend l’orientation sexuelle.
Il a toujours fallu se battre, que ceux soient les noirs pour sortir de l’esclavage ou encore la femme pour être l’égale de l’homme. Et aujourd’hui, la communauté LGBT doit se battre simplement pour que chacun soit considéré comme un être capable de sentiments, et pourtant interdit de mariage ou d’adoption.
Rappelons-nous aussi la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (assemblée composée de syndicats, d'associations de défense des droits de l'homme et d'hommes d'églises) qui a demandé le retrait du projet de loi sur l'homophobie à la majorité de 26 voix contre 17. Le texte de loi, alignait la pénalisation des propos homophobes sur les propos racistes. Et bien, la CNCDH avait souligné qu'elle "souhaitait maintenir l'universalité des droits de l'Homme et non pas le traitement par catégories" de personnes. Or, pour elle, le texte "ne respectait pas la liberté de la presse et de l'opinion".
Il y a quand même de quoi crier au scandale comme le disait Alain Piriou, porte parole du principal mouvement homosexuel qui regroupe 63 associations. Quand on sait qu’en « l'an 2000, la CNCDH avait estimé que les dispositions réprimant les propos racistes n'étaient pas attentatoires à la liberté d'expression. Quatre ans plus tard, l'injure, la diffamation et la provocation à la haine homophobe relèvent de la liberté d'expression. C'est scandaleux ! ».
En résumé, la CNCDH, en demandant le retrait du projet de loi contre les propos sexistes ou homophobes, avance des arguments qui ignorent délibérément les dispositions actuelles de la loi française et des textes européens, et nient la réalité des violences et de la haine qui sont le quotidien de milliers de personnes en France.
Toujours est-il, qu’en mai 2006, une personne issue de la communauté LGBT est victime de discrimination, et ne peut ni se marier, ni adopter d’enfant. Cela est aussi ridicule que d’interdire à un noir de se marier ou d’avoir des enfants sous prétexte que sa couleur est différente ! En quoi une orientation sexuelle différente de la « norme » imposée par la société, fait de la personne quelqu’un d’exclu et privé de certains droits élémentaires ??
La Gay Pride de 2005 avait déjà pour principale revendication une loi pour le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, et il ne faut pas s’attendre à ce que celle de 2006 ne reprenne pas ces mêmes revendications.
Il est temps que les sociétés et les mentalités évoluent, qu’elles arrêtent de craindre ce qu’elles n’acceptent pas ou comprennent pas, et qu’elles les pénalisent en les privant de droits élémentaires.
Malgré les progrès de ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire, et les associations de défense de la communauté LGBT ne sont pas prêtes de baisser les bras.